28août 2010
SELLE D'OCCASION
18:25 - Par Yves LESIRE - SADDLEMAKING - aucun commentaire
Acheter une selle d’occasion est une démarche qui peut s’avérer payante à condition de ne pas l’entreprendre à la légère. En effet sans un minimum de connaissances permettant d’éviter les pièges, et certaines précautions, ce qui à priori semblait être une bonne affaire peut vite devenir un cauchemar.
Essayons de faire le point sur les principes de bases qui doivent guider l’acheteur potentiel dans sa quête.
La première question à se poser concerne l’usage auquel on destine son matériel : Si vous faites de la promenade, inutile de vous orienter vers une grosse selle de roping à moins que vous n’envisagiez d’évoluer vers cette discipline à terme. De même les selles très spécialisées type cutting sont à déconseiller. Une fois le choix orienté, le point le plus important à vérifier est l’adaptation de la selle au dos du cheval. Il est très vivement conseillé de pratiquer l’essai de celle-ci sur votre monture ce qui vous permettra par la même occasion de vérifier si elle est aussi confortable pour vous. Durant cet essai, évitez les pads type néoprène qui font transpirer le cheval et pourraient masquer l’apparition de points secs, synonymes de points de compression. Longez d’abord le cheval puis montez le. Variez les allures, faites un peu d’extérieur lorsque c’est possible. Lorsque vous dessellez, soyez attentifs à la présence ou non de zones où le poil est « crêpé » signe que la selle à bougé sur le dos du cheval.
De préférence, lors de l’essai évitez l’utilisation d’accessoires susceptibles de « perturber » les signes : collier de poitrail ou croupière. L’essai en situation est donc l’étape la plus importante dans le cadre de l’achat d’une selle d’occasion. Tous les vendeurs ne sont pas nécessairement d’accord pour vous laisser y procéder. Proposez toujours un chèque de caution, cela favorise généralement les relations.
Vous n’aurez cependant pas toujours à arriver jusqu’à la phase d’essai. En effet, avant de poser l’objet de votre convoitise sur le dos de votre cheval, vous aurez à vérifier l’intégrité physique de la selle : tout d’abord l’arçon : placez la selle verticalement (photo n°1), la partie avant contre le sol et exercez plusieurs pressions sur le troussequin afin de vérifier l’absence de mouvements ou de bruits suspects généralement annonciateurs d’une rupture de l’arçon soit au niveau de la jonction barres/troussequin ou barres /Fork (partie avant de la selle), soit sur les barres elles mêmes. Répétez l’opération en tenant la selle toujours verticalement mais dans l’autre sens cette fois (photo n°2), la corne contre votre sternum et le troussequin vers le bas. Placez vos mains de chaque côté de la selle, au niveau des anneaux de sanglage et essayez de les rapprocher l’un de l’autre. Seuls les cuirs doivent bouger et aucun mouvement ne doit être détecté tant au niveau des barres que sous le gullet (le pont qui relie les barres au dessus du garrot du cheval).
Une fois l’arçon testé de façon concluante, portez votre attention sur le reste de la selle : vérifiez l’état de la matelassure sous les quartiers,(les mites peuvent avoir abîmé un vrai mouton), contrôlez les cuirs, en particuliers les latigoes (pour le sanglage) et les étrivières que vous ferez coulisser pour accéder à la partie qui passe autour des barres. Leur état à cet emplacement précis est révélateur de l’entretien dont à bénéficié la selle. Dans les deux cas la fleur (partie lisse) du cuir ne doit pas laisser apparaître de craquelures, présages de rupture prochaine (photo n°3). Un cuir desséché et craquelé est irrécupérable et dangereux. Vérifiez ensuite, l’état des coutures et des rivets, des étriers, la présence des stirrups hobbles (les petites sangles situées au bas de l’étrivière et au dessus de l’étrier et qui empêchent celui-ci de tourner emprisonnant votre pied en cas de chute). Empoignez la corne et essayer de la faire bouger, là encore aucun mouvement ne doit être possible, sauf éventuellement de la part de l’habillage cuir qui peut avoir pris du jeu (ce n’est pas dangereux mais ce n’est pas non plus un gage de qualité de fabrication). Passez la main sur le mouton afin de vous assurer qu’aucun clou ou vis ne dépassent et que rien ne provoque de bosses qui pourraient blesser le cheval.
Enfin, soulevez le fender et le side jockey afin d’avoir un accès visuel à l’arçon ce qui vous permettra de savoir de quelle matière il est fait (photo n°4 arçon bois rawhide) mais aussi quel est son état de conservation. Certains arçons sont en fibre de verre (à éviter généralement) et peuvent présenter des fissures entre le haut et le bas. D’autres en bois et rawhide sont cousus avec du fil de nylon qui résiste assez mal au frottement de l’étrivière, casse et donc n’assure plus le maintient désiré du rawhide autour de la barre.
En cas d’hésitation, faites vous assister de quelqu’un de compétent et essayez de connaître la provenance (fabrication) de la selle pour en savoir éventuellement plus quant à son passé.
En conclusion, soyez vigilants quant à l’aspect général du matériel qui vous est proposé : paraît il bien entretenu et graissé? Ne présente t-il pas un aspect sur-gras, signe de cache misère ou d’entretien de circonstance? Evaluez la quantité de pièces nécessitant une réparation ou un remplacement et faites ajuster le prix en conséquence. N’oubliez pas qu’une selle de très bonne facture ne se vendra pas à un tout petit prix mais que si son état est satisfaisant elle vous garantira de longues années d’usage.
Enfin, pensez que les seules photos, presse ou Internet, ne permettent pas d’effectuer ce type d’achat sans risque. N’hésitez pas à me faire part de vos réactions : contact@ylbrand.com
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